Choisir “les meilleurs coachs du monde” peut vite tourner au débat sans fin : styles opposés, continents différents, contextes incomparables… Pour éviter le concours d’opinions, cet article s’appuie d’abord sur un critère net : les titres majeurs remportés sur les saisons qui se terminent en 2024 et 2025. Ensuite seulement, nous avons regardé le “comment” : capacité à installer une identité, à gérer la pression, à gagner sur la durée.
Šarūnas Jasikevičius — l’année où tout s’aligne (Fenerbahçe)
Titres remportés en 2024/2025
- 2024 : Champion de Turquie (Basketbol Süper Ligi) + Coupe de Turquie (2 titres)
- 2025 : EuroLeague + Champion de Turquie + Coupe de Turquie (3 titres)
Ce qui frappe chez Jasikevičius, c’est la cohérence. Sur deux saisons pleines, son équipe est devenue une référence de maîtrise : elle sait gagner vite, gagner moche, gagner serré. Et surtout, elle a gagné sur trois formats différents : championnat (régularité), coupe (matchs à élimination), EuroLeague (niveau maximal européen). L’EuroLeague 2025 est symbolique : premier titre EuroLeague comme head coach pour lui, après des Final Four et des campagnes déjà très solides.
Palmarès
Sans faire l’inventaire total de toute sa carrière, la période 2024–2025 suffit à expliquer pourquoi il est #1 en 2026 : cinq trophées majeurs en deux ans, dans un club où la pression est permanente.
Ce qui caractérise son coaching
- Le contrôle des détails : possessions de fin de quart-temps, gestion des fautes, tempo.
- Une défense structurée : on sent une équipe qui sait exactement où sont ses aides, et où elle accepte de concéder.
Ergin Ataman — gagner vite, gagner fort (Panathinaïkos)
Titres remportés en 2024/2025
- 2024 : EuroLeague + Champion de Grèce (2 titres)
- 2025 : Coupe de Grèce (1 titre)
Ataman 2024, c’est l’histoire d’un “double” qui pèse lourd : champion d’Europe + champion national la même année, avec un club qui retrouvait le sommet continental. Puis en 2025, il ajoute la Coupe de Grèce, un format où la pression est immédiate (un faux pas et c’est fini).
Palmarès
Ataman est déjà installé parmi les grands coaches européens : il compte trois EuroLeagues (2021, 2022, 2024) et une collection de titres domestiques en Turquie, plus ses succès en Grèce depuis son arrivée.
Ce qui caractérise son coaching
- Une confiance offensive assumée : ses équipes jouent avec de l’audace, mais sans naïveté.
- La gestion émotionnelle : il sait transforme un groupe en bloc, surtout dans les séries tendues.
Mark Daigneault — champion NBA 2025, version collectif (Oklahoma City Thunder)
Titres remportés en 2024/2025
- 2025 : Champion NBA (1 titre)
Remporter la NBA change instantanément le statut d’un entraîneur. En 2025, Oklahoma City va au bout d’une série en sept matchs contre Indiana, et Daigneault devient champion.
Ce qui rend ce titre particulièrement parlant, c’est le profil d’OKC : une équipe jeune, structurée, avec une identité moderne. Cela renvoie à un coaching où la progression n’est pas un slogan : elle se voit dans l’exécution, la défense, la capacité à ne pas paniquer quand le match bascule.
Palmarès
Son “gros” agument en 2026, c’est ce titre 2025 — celui qui fait entrer un coach dans une autre catégorie.
Ce qui caractérise son coaching
- Le développement intégré au projet de victoire : les jeunes ne “jouent” pas, ils deviennent fiables.
- La clarté des rôles : chacun sait ce qu’il doit apporter, même sans être star.
Joe Mazzulla — champion NBA 2024, gérer la pression d’un favori (Boston Celtics)
Titres remportés en 2024/2025 (1)
- 2024 : Champion NBA (1 titre)
La bague 2024 des Celtics est une démonstration de puissance : Boston remporte la finale contre Dallas, et Mazzulla valide ce que peu de gens mesurent depuis l’extérieur : être favori est parfois plus dur que d’être outsider.
À ce niveau, un coach est jugé sur deux choses : les ajustements… et la stabilité mentale du groupe. En 2024, Boston a tenu son cap.
Palmarès
Son palmarès récent est simple mais massif : une NBA, et l’empreinte d’un staff qui a su transformer une équipe talentueuse en équipe championne.
Ce qui caractérise son coaching
- Une exigence de constance : même quand ça gagne, l’équipe garde ses standards.
- L’équilibre attaque/défense : ce titre n’est pas juste “du talent”, c’est une structure.
Steve Kerr — l’or olympique 2024 : gagner en temps limité (Team USA)
Titres remportés en 2024/2025
- 2024 : Or olympique (Paris 2024) (1 titre)
On sous-estime souvent ce que représente une campagne olympique pour un coach : peu de semaines pour créer une cohésion, une hiérarchie, une discipline, et faire gagner des stars dans un format ultra court. En 2024, Team USA prend l’or à Paris avec Kerr à la tête du projet.
Palmarès (repères)
Kerr, c’est aussi un coach champion NBA à plusieurs reprises avec Golden State, mais dans le cadre de cet article on retient surtout la performance “à contrainte maximale” : l’or olympique.
Ce qui caractérise son coaching
- Simplicité opérationnelle : à l’international, trop de systèmes tuent l’exécution.
- Gestion des statuts : faire accepter les rôles est souvent la clé du titre.
En 2026, ce top 5 nous raconte une réalité simple : les titres se gagnent rarement sur l’inspiration. Ils se gagnent sur l’identité, la répétition et la capacité à rester solide quand le match devient inconfortable.